UN. La «Broken Chair » place des Nations dévoile son nouveau rouge

 CRI. Elle avait disparu depuis mi-mai sous des bâches; la voilà à nouveau dévoilée, comme neuve, affichant son nouveau rouge sombre et fort. La rénovation de la Broken Chair, la fameuse chaise en bois qui tient en équilibre instable sur trois pieds depuis 1997 sur la place des Nations, a officiellement été célébrée ce jeudi.

Jean-Baptiste Richardier, cofondateur de Handicap International, l’ONG à l’initiative de l’œuvre créée par l’artiste genevois Daniel Berset, a rappelé le parcours mouvementé de la sculpture. Elle devait initialement rester sur ce site emblématique de la Genève internationale pour une durée de trois mois. L’histoire en a voulu autrement: voici 19 ans que l’œuvre se dresse face aux Nations Unies. Comme un défi adressé à la communauté internationale, Broken Chair se voulait dans un premier temps la porte-parole des victimes des mines antipersonnel, puis, par la suite, des armes à sous-munitions. Aujourd’hui, son message est encore une fois renouvelé: «Elle incarne le cri désespéré des populations civiles meurtries par la guerre.»

L’ancienne présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a précisé que l’objet monumental «rappelle inlassablement les engagements pris par les Etats dans les traités d’Ottawa et d’Oslo, afin d’interdire les mines antipersonnel et les bombes à sous-munitions». Esther Alder, conseillère administrative de la Ville de Genève, a insisté sur l’attachement de la ville pour cette sculpture, «devenu un élément incontournable de son paysage et de son patrimoine». «En été, quand les jets d’eau fonctionnent, il n’est pas rare de voir ici des enfants jouer. Dans d’autres pays, où l’eau est un bien qui se consomme avec une infinie réserve, ils ne sortent pas car les champs sont minés, parce que les places sont à découvert», a souligné le président du Conseil d’Etat, François Longchamp. «Cette chaise brisée appelle à la mesure, à la raison et à la paix.» Daniel Berset était également présent. «Je suis très ému, l’histoire de cette chaise est extraordinaire. Et le symbole que véhicule une oeuvre, ce n’est pas l’artiste qui le crée, mais le peuple.» (TDG)