RIP. Kofi Annan est décédé

PEACE L'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, Genevois d'adoption et "ami de la Suisse", est décédé à 80 ans. Prix Nobel de la Paix, il s'est éteint samedi à Berne d'une maladie. Le Ghanéen aura dirigé l'ONU pendant les années de la seconde guerre en Irak.

A l'annonce du décès par sa famille et sa fondation, de nombreuses réactions onusiennes ont afflué pour saluer l'action du secrétaire général de 1997 à 2006. L'actuel chef des Nations Unies Antonio Guterres, que M. Annan avait nommé comme Haut-Commissaire pour les réfugiés, a déploré la perte d'un "ami" et d'un "mentor".

Le Ghanéen constituait "le meilleur exemple de l'humanité" et un "être irremplaçable", a dit à Genève le Haut-commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein. M. Annan avait largement plaidé en faveur de l'adhésion suisse aux Nations unies à laquelle il aura assisté il y a 16 ans.
Il était devenu proche des anciens conseillers fédéraux Adolf Ogi, qu'il avait nommé conseiller spécial, et Joseph Deiss. Il siégeait aussi toujours dans la Commission mondiale sur la politique des drogues dirigée par Ruth Dreifuss.

Suisse et Genève "tristes"
Sur les réseaux sociaux, le président de la Confédération Alain Berset a présenté les condoléances de la Suisse, dont Kofi Annan était un "ami" et, selon le Conseil fédéral, "un partenaire important". Saluant un "visionnaire", il a relevé que la Genève internationale perd "l'un de ses plus fervents défenseurs".
M. Annan s'était battu dans les années 90 pour garantir que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme vienne à Genève, a dit de son côté à l'agence de presse Keystone-ATS le président du gouvernement genevois Pierre Maudet. Il s'est dit "triste" de la perte de M. Annan qui "était devenu très genevois".

Le Ghanéen avait rencontré sa femme à Genève, y résidait et avait établi sa fondation dans cette ville. Il avait reçu le Prix de la Fondation pour Genève.

A la tête des Nations Unies de 1997 à 2006 à New York, M. Annan aura lancé d'importantes réformes au sein de l'organisation, mais aussi lancé les Objectifs du millénaire pour le développement ou encore l'ouverture au secteur privé. Il a également piloté le débat sur la responsabilité de la communauté internationale de protéger les civils en danger.

Mis en cause au Rwanda
Une discussion lancée après l'échec attribué à l'ONU pendant le génocide au Rwanda au milieu des années 90, alors que M. Annan était le chef des opérations de maintien de la paix. Ses mandats comme secrétaire général sont couronnés d'un Prix Nobel de la Paix reçu avec l'organisation il y a plus de seize ans.

Apprécié par les Etats-Unis dans un premier temps, le secrétaire général avait dû faire face à des relations plus tendues depuis l'invasion américaine en Irak en 2003 qu'il avait considéré comme "illégale". Un conflit qui lui aura valu une polémique à l'intérieur même de sa famille.
Le scandale de corruption lié au dispositif "Pétrole contre nourriture" touche son fils et remontera jusqu'à lui. Mais la commission indépendante qu'il nomme pour des investigations conclura à un manque de preuves sur son implication.

Emissaire sur la Syrie
M. Annan était un pur produit de l'ONU, le premier secrétaire général dans ce cas. Il aura aussi été très étroitement associé à Genève, une "seconde patrie".

Avant de devenir le numéro un de l'ONU, Kofi Annan avait étudié dans cette ville et travaillé dès les années 60 pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Parmi ses nombreuses affectations, il passera notamment aussi par le Haut-Commissariat pour les réfugiés avant d'occuper trois postes de sous-secrétaire général à New York.

Après la fin de son second mandat, il multiplie les médiations de paix, s'active dans le réseau des anciens dirigeants et oeuvre pour l'Afrique. Il tentera de désamorcer tour à tour des tensions ou des conflits en Amérique latine, au Kenya, en Syrie ou plus récemment en Birmanie où il avait présidé une commission après les violences contre les Rohingyas. Le Ghana a décrété une semaine de deuil national en hommage à M. Annan.